Qui suis-je ? - Ysa Gudule

Mode d'emploi rapide :


Le site est en trois grandes catégories :

-- Des textes, accompagnés d'images :

****** les miens nommés "Mots d'mouchoir"

****** ceux des autres, les "mots dits z'autres", textes entiers ou bien citations.

-- Quelques uns de mes travaux de plasticienne, mes lézards.

-- Les photos, images qui parlent toutes seules, avec 6 grandes rubriques :

******  Macro, un monde tout petit, végétal, animal, minéral .... et quelques expérimentations moins conventionnelles ...

******  Nature et paysage, décliné en 4 saisons, un inventaire de paysages typiques, des mondes réinventés et une vue du ciel.
****** Couleurs, lignes et lumières, vers l'Abstraction, avec le noir et blanc, la couleur, la ligne et la lumière.

****** Un compte rendu de mes escapades à travers la France ou à travers le monde.

******  De l'art ou du cochon, le rendez vous des artistes musiciens, acteurs, circassiens, plasticiens ... du spectacle vivant au musée.

******  Z'humains ou z'autres, des petites histoires où des photos mises en vidéos, des portraits d'humains (ou pas), des traces humaines et leur impact, pas toujours très positif sur l'environnement, mais aussi des beaux objets fabriqués par la main de l'homme.


Pour le matériel, de l'argentique numérisé au numérique de plus ou moins bonne qualité, il a beaucoup évolué ... les images se mélangent dans l'histoire des techniques ....


Pour l'histoire personnelle, elle passe par des études d'arts plastiques à Rennes II Hautes Bretagne .... la théorie de la médiation dans les grandes lignes :


théorie de la médiation et arts plastiques

"Qu'est-ce que l'Art ?"

"Qu'est-ce qu'un artiste ?"

"Qu'est-ce que la Beauté ?"


Théorie de la médiation

(à partir des recherches de Jean Gagnepain)

Université rennes II Haute Bretagne


Pour parler de l’Art, il faudrait d’abord le définir. Définitions poétiques, philosophiques …. Définir l’Art par la beauté ne mène pas très loin.

Qu’est ce qui est de l’Art, qu’est ce qui n’en est pas ?

Pour la musique, on a commencer par combiner les sons pour les rendre agréables , puis on a combiné les sons, aujourd’hui, le silence lui-même et même la partition injouable deviennent œuvres musicales.

Le pinceau était mené par un discours au siècle dernier, aujourd’hui, il faut aller plus loin.

Avec la théorie de la médiation, une théorie de l’Homme sert de base à une théorie de l’Art.

Qu’est ce qui fait que l’homme est l’homme : perceptions, gestes, corps et pulsions sont acculturées par l’homme, l’animal, lui, les vit « au premier degré ». Cette acculturation donne naissance chez l’homme à des facultés que l’animal ne possède pas : langage, outil, histoire et désir.

Parler du langage des abeilles, des dauphins ou des baleines est un abus de langage. Le chimpanzé va utiliser un bâton pour décrocher un régime de banane, mais ce bâton sera ensuite abandonné et redeviendra un simple bâton, ce n’est donc pas un outil. Pas de révolutions ni d’évolutions autres que biologiques ou environnementales dans les « sociétés » de fourmis. Seul, l’Homme nie ses pulsions, ne mange pas quand il a faim, ne dort pas quand il a sommeil, et ne copule pas à la saison des amours.

L’homme s’abstrait de la nature, la nie.

La théorie de la médiation soutient (preuves expérimentales à l'appui) que la raison humaine, est quadruple.

- Plan I : la capacité de langage, de signe, de savoir, de logique.

- Plan II : la capacité artistique, l’outil, le faire, la technique, l’aspect matériel, l’habitat

- Plan III : la capacité historique, la personne, l’être, la société, le rapport à l’autre

- Plan IV : la capacité normative, le vouloir, la morale, l’éthique, la maîtrise du désir..

Tout phénomène proprement humain, quel qu'il soit, fait appel à ces quatre capacités.

Rappelons que ces quatre rationalités ont été distinguées par l'étude de malades et que l'observation qu'on pouvait être " malade d'un plan " en ayant conservé intactes les autres rationalités était la preuve de l'indépendance et de la non-hiérarchie de celles-ci.

Ainsi un aphasique (malade du plan I) ne sait plus parler correctement mais garde la capacité de communiquer (plan III) (par gestes ou par des mots " mal contrôlés "). Il en garde aussi le désir (plan IV).

Un agraphique (malade du plan II) ne sait plus écrire mais sait toujours parler. Mais il est affecté également tout ce qui touche la manipulation d'outils ainsi que le geste intentionnel : ainsi le malade ne sait plus s'habiller correctement, ni allumer sa cigarette, faire le signe de croix ou le salut militaire, etc.

Prenons maintenant un phénomène proprement humain et étudions le sous ces quatre plans : le langage.

Le mot ne colle plus à la chose puisque l'homme nie et le mot et la chose. Ainsi une « table » n'est pas nécessairement un plateau muni de pieds, elle peut être aussi "de multiplication", "d'harmonie", "d'écoute"..., mais elle peut même être n'importe quel support, pourvu qu'on y prenne un repas par exemple. C’est pour cela qu’il y a la synonymie, la polysémie.

On peut essayer de conformer le plus possible les mots au monde dans un but scientifique (la terre est une sphère), mais à l’inverse, on peut conformer le plus possible le monde aux mots, dans les mythes (St Christophe est censé avoir porté le Christ car c'est la signification de son nom en grec).

Une autre utilisation du langage est la visée esthétique. Il se justifie pour lui-même, se prend pour référence : poésie, rimes, allitérations, jeux de mots, maraboutdficelle etc …..

Dans l’Art

Les mots ne collent pas à la chose, mais les outils ne collent pas à la chose à faire.

Je peux enfoncer une vis avec un marteau, écrire avec du sang, peindre avec une brosse à dent, sculpter une motte de beurre.

L’empirie et la magie.

L’empirie : choisir le bon outil, faire le bon geste, élaborer la bonne méthode.

La magie, croiser les doigts, toucher du bois. Le geste du pianiste une fois la touche enfoncée a aussi peu d’effet que de tourner sa mayonnaise toujours dans le même sens pour la réussir.

L’esthétique : On l’appelle plastique, c’est l’Art pour l’Art. La figuration ne justifie plus l’œuvre, mais c’est la matière, la technique, le support etc ….

A propos de l’Art et de l’Artiste :

Il n’y a pas de différence entre le geste élégant du pêcheur à mouche et celui du danseur. Pas de différences de précision entre le laqueur de meubles et l’aquarelliste. Pas de différence entre l’Artiste et l’artisan.

S’il y a une différence, ce n’est pas dans la nature mais dans la culture. Notre société occidentale survalorise certaines visées plastiques au détriment de d’autres. Pire, elle nie la visée plastiques sous des prétextes d’efficacité et donc d’empirie.

Les sillons bien rectilignes du laboureur sont-ils seulement justifiés par une belle récolte ?

Le virage bien négocié de l’automobiliste par la sécurité routière ?

Les pleins et les déliés de l’instituteur d’antan, par une meilleure lisibilité ?

La beauté artistique n’est que la conséquence de la visée esthétique de notre capacité d’outil. Tout homme, sauf pathologie, en est pourvu. Il sera plus ou moins doué, il aura plus ou moins la capacité de l’exercer.